© Marielle Rossignol
Certaines créations ne s’installent pas, elles s’impriment. En attendant la vague est de celles-là : un séisme, une anomalie, une trace indélébile qui brûle la rétine. Au cœur de ce typhon, il y a Pippo Taleggio, un cinéaste italien, moitié génie, moitié fou furieux, qui s’est mis en tête de filmer la fin du monde sous forme de dystopie noyée sous les eaux. Mais très vite, le cadre explose, les scènes débordent et le réel part à la dérive. Alors, par un subtil jeu de mise en abime, le public plonge en apnée entre fiction et réalité, live et différé, images projetées et performances en direct. Une odyssée magnétique, qui se construit à vue, dans un mouvement perpétuel où les choses apparaissent au moment même où elles commencent déjà à s’effacer. Magistral ?
Prenez le septième art, sortez-le des salles obscures et balancez-le dans la rue. Vous obtenez Espèces d’Espaces, l’univers débridé de Jean-Marc Besenval et Florentin Guesdon ! Ces trublions nantais ont inventé le « cinéma-vivant », un joyeux télescopage où le théâtre, la vidéo et les performances in situ se percutent en direct. Avec au cœur de la machine à rêves, une poésie brute, des effets spéciaux home-made et un public sous le charme qui tient le rôle principal. Faites du bruit, ça tourne !