© Vanessa Chambard
Dresser un mât de quatre-vingt kilos en déroulant trente mètres de sangle, fabriquer de la musique en direct en domptant une trompette, le tout en conservant un équilibre toujours parfait… C’est le défi absurde d’un gars qui veut tout, tout de suite, et surtout tout seul. Parce que les autres, bon, c’est compliqué. Alors il s’entête, bidouille, loupe beaucoup et loupe parfois. Entre clown contemporain et acrobatie, ce solo sans paroles fait un boucan d’enfer : le métal sonne, Bach croise le Klezmer et le corps lutte avec l’acier dans un ballet de caoutchouc. C’est drôle, fragile et furieusement virtuose, avec cette touche de poésie qui surgit toujours pile au moment où tout menace de s’écrouler.
Née d’un coup de foudre entre un accordéon et un mât chinois, la compagnie Les Cieux Galvanisés envoie valser la gravité en musique depuis 2016. Dix ans plus tard, l’équipe s’est réinventée : Gabriel Rainjonneau le philosophe-acrobate partage désormais la piste avec Louise Huet la trapéziste–clarinettiste. Installée en Drôme-Ardèche, la bande de poètes s’inspire du vrai pour toucher au cœur. Et frotter ainsi musique, théâtre et cirque, ça fait des étincelles.