© Pierre Planchenault
Raconter la plus grande épopée antique en une heure top-chrono-c’est-plié-on-remballe, en voilà un défi complètement barré ! Surtout avec une épée de Damoclès au-dessus du casque en plastique : un compte-à-rebours impitoyable qui oblige à accélérer pour que TOUT tienne dans les clous. Alors oubliez les cours soporifiques, L’Iliade se joue sur le bitume avec des litres de faux sang, des épées en carton et des dieux qui se bidonnent de voir les mortels s’agiter comme des fourmis paniquées. Le public ? Enrôlé d’office, Grecs d’un côté, Troyens de l’autre, parfois propulsé sur scène avec une couronne de fortune. Du théâtre de « bras cassés » version grand spectacle, furieusement bordélique, follement génial, qui prouve que les mythes n’ont pas besoin d’être sérieux pour être grandioses.
À leur sortie de l’ESTBA, ces quatre fanfarons fondent la Compagnie Bravache en 2022 avec une idée bien en tête : remettre leur art au milieu des gens. Désacraliser les classiques, jouer avec les mythes, pirater les codes et embarquer le public dans la transe. Ici, pas de distance entre la scène et la rue : le spectaculaire jaillit d’un drap qui claque, d’un chœur improvisé ou d’un acteur lancé à pleine voix. Un joyeux chaos populaire où l’instinct du jeu prime sur tout le reste.