© By Metlili
C’est l’histoire d’une tige de deux mètres ou presque qui débarque avec ses grands bras, ses jambes trop longues, son corps qui déraille et son cœur grand ouvert. Clown punk, contorsionniste de l’intime, Christine saute à pieds joints dans tout ce qu’on planque sous le tapis : la solitude, la peur de vieillir, les corps fatigués, les regrets, le sexe, la mort… Pourquoi nous a-t-on appris à cacher nos désirs, nos colères et nos problèmes digestifs comme des secrets honteux ? Christine, elle, s’en fout. Elle shoote dans le tabou à coups d’acrobaties absurdes, de maladresses magnifiques et de vérités qu’on ose rarement se balancer en face même quand on a quarante ans. Un solo tendre et sauvage, qui prend le public par la main pour mieux lui retourner le ventre.
Véronique Tuaillon n’est pas là pour amuser la galerie, elle est là pour dépecer la réalité – et avec le sourire et beaucoup de tendresse s’il vous plaît. Ancienne prof au CNAC passée par la boxe et la voltige, le tuba et la cascade, elle fait du clown un sport de combat : More Aura frappait le deuil comme un uppercut, Quarantaines jette nos solitudes dans l’arène. Dans les hôpitaux comme dans la rue, son art est un bras d’honneur au silence, le phrasé tranchant comme un scalpel. Et le public ? KO debout.